Bled number one
Il ne s’agit pas du premier volet de cette trilogie culte sur les vampires avec wesley snipes (dit oralement on peu croire qu’il s’agit de blade n°1, confusion qui permet d’entrainer du monde a ce film), mais du deuxieme film deRabah Ameur-Zaïmeche qui a realise “wesh wesh qu’est ce qui passe?”, film reussi sur la banlieue. On retrouve le meme heros, kamel, joué par le realisateur. Cette fois il est expulsé de France et retourne donc au bled où il semble étranger, cette “double absence” qui permet un regard neuf sur l’Algerie. Le debut est ainsi très contemplatif et poétique sur ces traditions festives comme par exemple le zerda qui est le sacrifice d’un taureau (scene assez dure ou on assiste en direct a l’égorgement de la bete qui annonce la violence future). Il est difficile neanmoins de parler du film, ie de son sujet, son histoire, tellement le realisateur multiplie les fausses pistes; on assiste ainsi au debut a des jeunes integristes qui veulent ramener un peu d’ordre face a des vieux débonnaires preferant le domino a la religion, mais cette opposition est ensuite laissée de cote; la communaute apparait moins sympathique avec la violence qu’elle fait subir au femme, et en particulier Louisa qui est exclue puis battue pour vouloir chanter. D’ailleurs le fait que ce soit des personnages pour lesquels on avait de la sympathie comme le frère de louisa qui s’en prend a elle a suscite dans la salle quelques réprobations, preferant surement que ce soit les méchants islamistes qui la frappent. Cela permet ainsi d’éviter l’amalgame islam/domination masculine. On s’attend alors a une histoire d’amour entre le gentil kamel et louisa, mais le realisateur s’efface peu a peu devant louisa qui devient, ainsi, le personnage principal qui se libere de la pression communautaire en finissant dans un asile où elle peut peut enfin chanter du jazz. Cette idée de femme qui s’impose se retrouve d’ailleurs lors de ce concert auquel participe louisa, où un homme et une femme chante, mais n’ayant qu’un micro, chacun se le dispute; au debut l’homme a le dessus et chante plus souvent mais peu a peu la femme arrive a imposer sa voix.
on a ainsi un film magnifique, ode a la femme algerienne et a l’algerie dans tout ce qu’elle a de contradictoire.

June 13th, 2006 at 6:58 pm
j’essaie de voir le film avant de lire ton commentaire… comme ça je peux faire comme notre cher PM: “comment? je n’ai rien compris au film! alors c’est sûrement mauvais!”
June 15th, 2006 at 7:11 pm
il y a un aspect frappant: les gens passent leur temps à regarder et à se regarder, à s’intervenir dans la vie de tout le monde. pas d’homme pressé au bled(seul qui déclare bosser derrière un bureau est le mari de Louisa, étranger du bled).
June 16th, 2006 at 3:10 pm
le “bled” représente un monde rural, clos, perdu dans les montagnes, loin du monde moderne et anonyme de la ville. ici tout le monde se connait, les membres de famille sont liés, les intérets de la communauté ou d’un groupe de personnes sont défendus. mais c’est eux-mêmes qui font la loi(donc il existe des conflits entre les groupes et individus différents). la vie privée de chacun est la vie de tout le monde. chaque geste est exposé au regard de tous.
cette situation m’est familière: en chine, on a la “commité des habitants de la rue(ou du quartier)” où réunissent les vieilles dames respectables qui passent leur temps à jouer au majong tout en tout connaissant sur ce qui se passe chez les gens: dispute de couple, malentendu de belle famille, gosses qui font des conneries, etc. comme les vieux patriotes du bled autour du domino qui discutent du passage en prison du héros en France. et elles peuvent atterir chez vous avec son discours : soyons gentils, faites qch pour changer la situation car on se fait du souci pour vous, etc, etc.
le regard que le réalisateur ou le héros porte sur son pays natal est quelque part détaché, certes nostalgique. le lien humain, la chaleur du pays font rêver, mais parfois, on a envie d’être tranquille.
June 17th, 2006 at 12:07 am
Salut,
moi je viens de voir Poseîdon : vous avez vu Cube ? C’est la même chose en mauvais et dans l’eau : score total 5/20 avec 3 points pour les effets spéciaux du navire qui sombre (rien à voir avec ceux de Titanic…faut pas rêver !)
June 17th, 2006 at 12:15 am
pour finir…
il n’y a pas que les femmes qui sont opprimées, c’est l’individu, perdu et étouffé qui accroche à une certaine valeur ou une certaine habitude, communauté, religion, rêve, alcool, jeu… dans ce monde stagnant.
June 20th, 2006 at 4:14 pm
est-ce que j’arrive à faire du critique de cinéma?
non.
niveau analyse d’image, c’est nul, j’aurais pu dire combien cette image de bateau rouillé et échoué avec une femme et un homme est lourdement chargé de significations. ou bien ce long focal qui compresse les perspectives donne un rapprochement du héros et les enfants du village qui jouent du foot ensemble, ainsi il est parmi les siens…
ce qu’on fait là c’est comme la fameuse émission de radio, critique littéraire du cinéma, ça fait rire les réalisateurs!
June 21st, 2006 at 3:13 pm
soit pas si dure envers ta (notre) capacite de critique.
par contre je ne suis pas d’accord quand tu dis qu’il faudrait analyser les “images”. pour un tableau, et tout oeuvre plastque…mais le cinema ce n’est pas que des images. D’ailleurs que pourrions nous dire d’un film comme “Hurlements en faveur de Sade” de debord constitue uniquement d’une bande son, le cinema parait ainsi aussi iinteressant dans ce qu’il ne montre pas ce qui reste “hors champ” pour reprendre le vocabulaire de l’analyste…decortiquer jsute une image, c’est un peu comme prendre un mot dans un texte; il peut certes etre charge de sens mais il est necessaire a mon avis de voir l’oeuvre dans sa globalite pour a mon avis le comprendre.mais j’ai peut-etre tort, n’ayant pas l’habitude de cette activite d’analyse.
June 21st, 2006 at 6:08 pm
je suis de ton avis: il faut considérer tous les éléments du 7e art, et c’est juste l’aspect d’un art total qui donne autant de charme au cinéma.
je voulais seulement citer un exemple.