La question humaine

A l’origine, “la question humaine” est un roman bref d’une centaine de pages, Klotz en a fait un film dense et complexe, à la fois polar, critique du monde de l’entreprise, film sur l’apres shoah…Ainsi tout commence par une enquête que doit mener un psychologue d’entreprise, joué par Amalric, sur son directeur au comportement soi disant étrange. S’agit-il d’une manœuvre pour déstabiliser ce dernier? On ne sait pas car peu à peu le film débouche sur une autre découverte, du passé des anciens de la firme, qui ont connu la deuxième guerre mondiale et le héros tombe sur des documents nazis qui résonnent en lui, sur la manière dont ceux-ci ne nomment pas les juifs mais les réduit à des “pièces”, tout comme il a pu le faire lorsqu’il a été chargé d’une réduction d’effectif et qu’il expliquait froidement comment il a réussit a réduire le nombre d’”unité”.
Il ne s’agit pas évidemment de dire que le libéralisme et le nazisme sont comparables, mais plutot d’un film sur le langage et la rationalité qui instrumentalise l’humain (alors que c’est l’économie qui devrait être au service de l’homme comme le dit souvent le magazine “alter éco”…même si la citation d’un tel journal va faire chuter le taux de frequentation de ce blog ;-)), mais aussi de l’aspect possitif du langage qui permet de ne pas oublier et la nécessité de l’Histoire qui permet au héros de redevenir humain
Il ne s’agit pour autant pas d’un film a thèse qui serait lourd (chose que je craignais en allant le voir), mais la réalisation arrive a donner un climat inquietant a cette firme feutrée,alternant froideur et violence.

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