Archive for October, 2007

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Paranoid Park

Posted in a voir absolument on October 26th, 2007 by admin

Je ne sais pas si c’est le fait que le dernier film de Gus van Sant sorte juste après l’album de Radiohead, mais je trouve qu’il y a dans leur démarche une certaine proximité qui consiste à arriver à sortir du carcan de leur domaine respectif, l’un d’une histoire scénarisée, l’autre du couplet-refrain, sans être hermétique (même si dans un cas comme dans l’autre on retrouve des réfractaires qui trouvent cela ennuyeux), donnant à chaque fois le même sentiment de familiarité et d’émerveillement.
Ainsi le dernier GVS ressemble beaucoup à ses dernier films (depuis “gerry” qui constitue un peu son “kid A” pour prolonger la comparaison), on retrouve cette même façon de filmer des corps adolescents marchant au ralenti sur fond de l’éternel Elliot Smith, mais réduire ce film à son esthétique vantienne c’est passé à coté du film car il est beaucoup plus profond. Inspiré d’un roman qui raconte une histoire d’accident et de la culpabilité qui s’en suit, GVS le découpe de façon à brouiller les piste de la chronologie, on ne sait pas toujours si la scène a lieu avant ou après la scène comme si chacune n’avait ni passé ni futur, enfermé sur elle-même. Ce n’est ainsi pas tant la culpabilité du héros qui semble intéresser le réalisateur que son absence, comme si l’adolescent vivait dans une bulle, renforcée par l’apparente autonomie de chaque scène; il y a bien un certain désarroi de celui-ci mais du plutot à son incapacité agir du fait de l’absence de parent qui sera au final remplacé par une adolescente plus mature (l’adulte est ainsi réduit à une vague silhouette) qu’à un remord. Il réussit à faire ressentir ce désarroi non pas en utilisant la voie médiocre de la voix off mais par la mise en scène comme la scène de douche avec l’arrivée progressive du son oppressant de la pluie et des corbeaux, ou encore la séparation avec sa copine où la réponse de celle-ci est couverte par la bande son créant une distance avec celle-ci et renforçant ainsi ce sentiment de bulle. Ainsi paranoid park est un film beau et mélancolique qui s’écoute autant qu’il se regarde.

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Michael Clayton

Posted in ca se regarde on October 25th, 2007 by admin

ce film donne un sentiment de déjà-vu: un avocat défend la veuve et l’orphelin contre une multinationale qui a détruit consciemment des vies pour faire des profits en mettant sur le marché des produits polluants, bref une critique sous forme de thriller d’un capitalisme sans règle. La seule nouveauté de ce film est de filmer les avocats qui défendent au départ l’entreprise et de rendre ambiguë les motivations du héros, son rôle dans le cabinet. S’il change de bord dans le cabinet en défendant finalement les victimes est-ce par fidélité pour son ami et collègue qui a fait de même ou pour une prise de conscience? Toutefois cette sur-utilisation du mystère autour de ce personnage donne finalement le sentiment d’une volonté de compliquer une histoirequ’il s’agit d’un artifice pour maquiller une histoire qui est finalement assez simple.

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L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford

Posted in ca aurait pu etre bien mais non on October 20th, 2007 by admin

Comme j’ai pu le dire dans un récent post, ce film est ennuyeux. Pourtant sur le papier l’idée est intéressante en faisant un western contemplatif sur la chute d’un desperado victime de son succès, se retrouvant seul contre tous y compris les gens de son clan qui en quête du même succès veulent l’éliminer, faisant du coup une critique de la gloire et de ses illusions, Robert Ford n’atteignant jamais le statut de héros tant envié.
Mais une telle ambition est gâchée par une incapacité à maîtriser un certain tempo, tout semble trop long et trop court a la fois; trop long dans la durée du film, de l’épilogue après la mort de Jesse James (une des rares scènes finalement émouvantes où le héros sachant que la mort est proche semble se sacrificier en posant ses armes), trop court dans la durée des plans se contentant de jolies images, alors que le ton élégiaque du film aurait nécessite une certaine durée dans le plan comme si le temps était suspendu et on se met a rêver d’un même film réalisé par Malick.

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En cloque, mode d’emploi

Posted in ca se regarde on October 19th, 2007 by admin

Je ne sais pas qui choisit les titres français des films d’Apatow, mais soit il est nul soit il n’aime vraiment pas ses films et cherche a en saboter la sortie, car tout comme “40 ans,toujours puceau” ce film est moins mauvais que l’annonce de son titre. Il s’agit comme dans son film précédent d’un croisement entre la comédie romantique et le film pour ado avec les mêmes défauts qui est une certaine mièvrerie, donnant le sentiment de faire du Farrely mais en moins audacieux.
Cette histoire de grossesse du à une soirée trop arrosée oblige les parents à se revoir et permet la confrontation de deux milieux opposés. Elle, plutôt BCBG, fait carrière dans une chaîne de télé et lui glande avec ses potes alternant création de sites pornos et bangs qui donne lieu a quelques scènes drôles qui peu aussi servir de parallèle sur la confrontation de deux genres la comédie à la Meg Ryan ou Julia Roberts et le “teen movie” qui font un enfant improbable qui est ce film. toutefois la comédie s’étire en longueur (plus de 2h c’est trop pour ce type de film) manquant un peu de rythme et un peu trop moral avec ce final où il trouve un boulot et devient un bon père.

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Proibido proibir

Posted in ca se regarde on October 15th, 2007 by admin

Film brésilien de Jorge Duran, ancien du cinéma même s’il a réalisé peu de films, habitué a l’écriture de scénario, apparaît comme un film de scénariste tant l’histoire est à la fois l’intérêt et la faiblesse du film. certains abusent d’effets visuels, ce cinéaste a tendance a abusé d’effets narratifs en multipliant les histoires et les genres; tout commence par un trio amoureux façon Jules et Jim, partagés entre leurs études, leurs idéaux entre esprit libertaire et lutte sociale, et leur tourmants amoureux que peuvent constituer un trio. Puis le film bascule et les trois étudiants se trouvent confronter a la violence des favelas en tentant d’aider une personne rencontrée durant leurs études. Le film devient ainsi une sorte de polar social, traqué par des flics ripoux. La confrontation vie légère et insouciante d’étudiant où les débats politiques n’engagent à rien et dureté de la vie réelle est un peu maladroite comme s’il s’agissait finalement de deux films (avec une préférence pour le premier). Toutefois ce souffle romanesque garde un certain charme.

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Control

Posted in y en a des biens on October 9th, 2007 by admin

Biopic de la courte vie de Ian Curtis, chanteur de Joy Division, qui, a après deux très beaux albums qui continuent à influencer les groupes actuels comme Interpol, se suicide, le film se concentre surtout sur sa vie de couple (ce qui n’est pas surprenant puisqu’il est adapté de la biographie écrite par son épouse) et de sa relation extra conjugale, qui, par le poids d’un mariage arrivé trop tôt et qui oppresse le chanteur, semble beaucoup influencer sa musique. le choix du noir et blanc illustre parfaitement la beauté sombre de ses chansons, mais l’intérêt du film tient surtout à la capacité de Sam Riley, lui même chanteur,à incarner, et pas seulement imiter, Ian curtis, par sa voix et ce jeu de scène particulier qui donne le sentiment qu’il est en transe.

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300

Posted in totalement rate on October 7th, 2007 by herbert

Il y a quelques temps, j’ai visionné par curiosité le film “300″ retraçant la bataille des Thermopyles à la sauce Hollywood. En magasinant chez un distributeur multimédia, j’ai eu la surprise de trouver le DVD au milieu des étagères, alors que sa place serait manifestement à la poubelle.

Rappel historique :

En 480 avant notre ère, Xerxès, maître de l’Empire Perse se lance à la conquête de la Grèce à la tête d’une armée de plus de 250 000 hommes. En route pour Athènes, il est bloqué temporairement par un millier de soldats Grecs (dont 300 Spartiates) dans le défilé des Thermopyles. Les Grecs résistent héroïquement, mais l’armée perse parvient à contourner le défilé et massacre les défenseurs jusqu’au dernier après trois jours de combats.

Bon, si vous regardez le film, autant vous prévenir tout de suite : le réalisateur, qui suit la bande dessinée de Frank Miller, prend “certaines libertés” avec l’histoire.

Tout d’abord, pour rajouter un peu d’intrigue, il annonce que le roi de Sparte part mener la guerre contre l’avis du Sénat, ce qui est évidemment faux. Il invente une d’histoire d’adultère et d’espionnage un peu ridicule pour ménager de petites pauses entre les scènes de boucherie. Ceci n’est pas très grave, bon, on s’en accommode. De même, les Thespiens qui ont péri ont côté des Spartiates sont un peu oubliés. Ils sont habillés un peu en drag-queens, comme Mel Gibson dans Mad Max et ils rentrent chez leurs mères à la première occasion. Forcément, s’ils étaient restés, il aurait fallu rebaptiser le film “1000″ au lieu de “300″ et en plus, les Thespiens, c’est moins viril que les Spartiates.

C’est là que l’on touche au côté extrêmement nauséabond du film, le culte de la violence et du corps doublé d’un discours de propagande lourdingue à côté duquel les films russes de la guerre froide ont l’air de chefs-d’œuvre consensuels. Les deux civilisations sont systématiquement comparées et opposées. Les Perses sont présentés de façon monstrueuse, une multitude lâche, asservie par un Empire tyrannique. Les Spartiates, torses-nus, parfaits et bodybuildés se battent pour la liberté. L’Empire Perse incarne l’esclavage, qui semble totalement étranger aux Spartiates, baptisés eux même les Homoioi (Égaux), au détail près que les quelques milliers Homoioi dépendaient de plusieurs dizaines de milliers de Périèques, non citoyens, et de 150 à 200 000 Hilotes, c’est à dire des serfs. Dans la même dérision, Xerxès est dépeint comme un homosexuel gothique avec des piercing plein le visage, ce qui ne manque pas de sel quand on sait que la pédérastie était omniprésente dans toute la Grèce. Ce qui est notable ici, c’est que les méchants sont homosexuels. L’Iran par la voix de son petit dictateur à moitié fou a vigoureusement critiqué ce film, considéré comme une insulte à l’histoire iranienne et sa civilisation. Sur ce point, je suis assez d’accord avec eux. D’ailleurs, cette condamnation a aussi était le fait de nombreux intellectuels en Iran et aux États-Unis. De l’autre côté de l’atlantique, certains journalistes et critiques de cinéma n’ont pas hésité à qualifier ce film de propagande fasciste. La ressemblance en ces corps parfaits et musculeux avec les statues de l’époque stalinienne et nazie est troublante, comme la mise en exergue des vertus guerrières, le courage et le sacrifice n’aurait pas été renié par les chemises noires italiennes et les Hitlerjugend.

Le sommet du révisionnisme et de la caricature est atteint dans la dernière phrase du film. Le porte-parole de feu Léonidas harangue l’armée grecque réunie dans la plaine de Platées face à l’armée perse : “Les Dieux sont avec les Grecs. Aujourd’hui, nous allons délivrer le monde du mysticisme et de la tyrannie et entrer dans une ère de lumières dont on arrive à peine à imaginer les promesses !”

On dirait le discours simpliste de George W. Bush devant ses soldats. Quelle harangue plus grotesque et débordante de bêtise a-t-elle jamais été imaginée par un scénariste ? Un Grec, condamnant le mysticisme oriental… Alors qu’il lisait l’avenir dans les vols d’oiseaux, consultait les oracles tous les trois quatre matins et priait de petites statues dans son salon ! (Remarquez, je ne critique pas. Moi-même je me suis converti au catholicisme et j’ai caché des statuettes de Giscard sous mon lino.) Mieux, un Spartiate parler de l’avènement d’une “ère de lumières dont on a peine à imaginer les promesses.” Sparte… qui a eu un seul poète dans toute son histoire, dont les citoyens étaient les plus rustres et incultes de toute la Grèce. Au Ve siècle, ils mangeaient dans des poteries grossières, ils étaient mal habillés, ils n’allaient pas au théâtre et mangeaient un brouet qui faisaient frémir d’horreur leurs voisins. Les Perses de leur côté incarnaient une civilisation extrêmement brillante et ancienne qui reposaient sur de subtils équilibres entre des centaines de peuples. L’Empereur payait ses soldats de façon équitable quelle que soit leur origine. Ses villes étaient prospères et l’exercice de la justice était tempéré, contrairement aux idées reçues.

Vous me direz comment est-on arrivé à un tel travestissement de la réalité ?

Je ne vois que deux possibilités :

1) L’inculture crasse de Frank Miller et Zack Snyder.

2) Une œuvre de commande pour l’aile droite du parti républicain dans le cadre de la guerre des civilisations et des tensions avec l’Iran. À vous de choisir.

Si vous voulez voire un film sur la bataille des thérmopyles, il existe un peplum de 1962 réalisé par Rudolph Maté. La bataille est moins spectaculaire mais c’est infiniment plus intéressant

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28 semaines plus tard

Posted in ca se regarde on October 5th, 2007 by admin

Non, je en vais pas voir que des films de 3 heures sur des profs agrégés de lettre vivant dans le V ième s’interrogeant sur la pertinence de commencer une troisieme these; il m’arrive aussi de voir des films de zombies, et aimer (parfois) cela. Ce film entre dans cette catégorie avec cette histoire d’épidémie qui se propage sur toute l’Angleterre, transformant les roastbeef en zombie (même si finalement cela change pas grand chose a leurs physionomies, ils sont toujours aussi vilains) . L’histoire se déroulent, après une introduction haletante, 28 semaines semaines après la fin de l’épidémie, au moment de la reconstruction, encadrée par l’armée américaine qui croit, bien sur a tort, que le danger est derrière eux.
De cette histoire assez simple, le réalisateur la transforme finalement en critique (l’aspect politique est toujours un peu la petite plus-value des films de ce genre qui fait qu’on s’y intéresse) de la situation américaine en Irak, avec cette présence militaire dans le film qui perd le contrôle de la situation et devenant ainsi une menace aussi terrifiante que les zombies, voir plus puisque souvent cachée. Si le film est loin d’être réussi, les personnages sont assez insignifiants ce qui fait qu’on a jamais peur pour eux, que certaines scenes paraissent brouillonnes (le coté caméra a l’épaule rend les choses confuses et pas toujours compréhensibles), le réalisateur arrive à créer une certaine atmosphère.

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Tout est pardonné

Posted in y en a des biens on October 1st, 2007 by admin

Critique de cinéma dans les “cahiers” Hansen-Love se lance, comme beaucoup de cette revue, dans la réalisation avec ce beau et sensible premier film. Il s’agit d’une relation d’amour entre un père et sa fille.
Lui est autodestructeur, noyant son mal-être dans la drogue et l’alcool conduisant au renoncement et la fuite de sa femme qui part avec la fille qui, quelques années après, va renouer contact avec lui, pardonner son absence. La réussite du film tient à une certaine justesse dans le jeux des acteurs et dans la réalisation sobre qui évite un ton larmoyant, une certaine boursouflure mélodramatique, pour donner au contraire une forme finalement douce et apaisée, notamment dans la deuxième partie du film, qui sied bien au titre.