Paranoid Park
Je ne sais pas si c’est le fait que le dernier film de Gus van Sant sorte juste après l’album de Radiohead, mais je trouve qu’il y a dans leur démarche une certaine proximité qui consiste à arriver à sortir du carcan de leur domaine respectif, l’un d’une histoire scénarisée, l’autre du couplet-refrain, sans être hermétique (même si dans un cas comme dans l’autre on retrouve des réfractaires qui trouvent cela ennuyeux), donnant à chaque fois le même sentiment de familiarité et d’émerveillement.
Ainsi le dernier GVS ressemble beaucoup à ses dernier films (depuis “gerry” qui constitue un peu son “kid A” pour prolonger la comparaison), on retrouve cette même façon de filmer des corps adolescents marchant au ralenti sur fond de l’éternel Elliot Smith, mais réduire ce film à son esthétique vantienne c’est passé à coté du film car il est beaucoup plus profond. Inspiré d’un roman qui raconte une histoire d’accident et de la culpabilité qui s’en suit, GVS le découpe de façon à brouiller les piste de la chronologie, on ne sait pas toujours si la scène a lieu avant ou après la scène comme si chacune n’avait ni passé ni futur, enfermé sur elle-même. Ce n’est ainsi pas tant la culpabilité du héros qui semble intéresser le réalisateur que son absence, comme si l’adolescent vivait dans une bulle, renforcée par l’apparente autonomie de chaque scène; il y a bien un certain désarroi de celui-ci mais du plutot à son incapacité agir du fait de l’absence de parent qui sera au final remplacé par une adolescente plus mature (l’adulte est ainsi réduit à une vague silhouette) qu’à un remord. Il réussit à faire ressentir ce désarroi non pas en utilisant la voie médiocre de la voix off mais par la mise en scène comme la scène de douche avec l’arrivée progressive du son oppressant de la pluie et des corbeaux, ou encore la séparation avec sa copine où la réponse de celle-ci est couverte par la bande son créant une distance avec celle-ci et renforçant ainsi ce sentiment de bulle. Ainsi paranoid park est un film beau et mélancolique qui s’écoute autant qu’il se regarde.

October 30th, 2007 at 4:32 pm
j’ai vu le film suite au commentaire de notre excellent chroniqueur difficile de dire si le film m’a plus ou non l’esthetique du film est particuliaire et l’absence d’action m’a laisse un peu dans l’ennui j’ai l’impression d’avoir assister a une oeuvre experimentale dans laquelle on peut mesurer la belle maitrise de l’artiste a exprimer les sentiments mais sans que l’oeuvre soit vraiment belle ou achevee comme un film pour inities mais malgres tout (et heureusement…) présenté au public