Lust, Caution

bof.5 Vendu comme un thriller érotique, donc du sang et du cul pour parler comme un programmateur de TF1, de l’ eros et du thanatos pour parler comme un étudiant khagneux , j’ y suis allé dès sa sortie. Et franchement ce film n’ est pas très bandant, certes les 2-3 scènes de sexes sont osés, mais il manque à ce film du mystère, un vrai souffle romanesque. Pourtant l’ histoire est prometteuse avec ce sujet qui aurait pu tout aussi bien se passer en France: durant l’ occupation japonaise, un groupe d’ étudiant chinois décide de passer du théâtre engagé à l’ action en tuant un dangereux fonctionnaire qui collabore avec l’ ennemi en utilisant les charmes de l’ une d’ elles. De cette histoire Ang lee en fait une romance sur l’ amour impossible qui peut rappeler son précédent film. Mais sans évoquer une certaine misogynie avec cette héroïne qui trahit les siens pour un diamant, ce film ne m’ émeut pas soit:

1. je suis un être si profondément méchant que ces histoire d’ amour me laissent indifférent ce qui expliquerait une certaine indifférence pour la misère ouvrière chez Loach

2. ce film est raté car lourd dans la mise en scène avec ces somptueux décors qui étouffent l’ histoire, et insipide dans le jeu de l’ actrice, car si le méchant est très bien comme toujours avec T. Leung à la fois inquiétant et sadique, la jeune actrice est certes crédible dans le rôle de petite étudiante sage, mais beaucoup moins dans celui de femme fatale.

3 Responses to “Lust, Caution”

  1. poupout Says:

    Je suis d’accord avec toi, le film ne m’a pas semblé long, mais je n’ai pas aimé le décor trop sophistiqué ni l’ambiance trop studio. Le jeu des acteurs m’a laissée un peu indifférent aussi. Un moment je croyais presque qu’il suffit d’avoir un air cool pour être bon acteur(comme Tony et la fille qui parlent sans bouger les lèvres). pourtant j’apprécie les acteurs des films de Jia Zhangke qui ne jouent pas vraiment(ils sont amateurs) et qui restent très cool… donc, le problème vient du réalisateur et non des acteurs.
    certes c’est très bien fait, c’est du Ang Lee quoi, la musique bien choisie, du Brahms, très subtile, etc.
    mais bon, celui qui m’a le plus plu et émue, c’est Brokeback Mountain. Je comprends très bien les sentiments des héros. dans Lust, Caution, leurs monde intérieur est impénétrable pour moi…

  2. poupout Says:

    Ah, les meilleurs moments de Lust Caution, d’après moi, c’est quand ils étaient au bijou. pendant 5 mn quoi.

  3. poupout Says:

    à mon avis, il y a aussi un grand problème de narration. je viens de lire la nouvelle originale de cette adaptation en film, la narration est basée sur une monologue de l’héroine et tout ce qu’elle ressent autour d’elle telles que les paroles qu’elle entend au majong. Le lecteur s’identifie tout de suite à elle et une ambiance nait de cette intimité, mais le film, tout en voulant créer avec le plus de fidélité possible, le décor et l’ambiance de l’époque, a négligé cette ambiance intérieure et psychologique. la particularité de l’auteur original, une femme de lettres qui continue à marquer la littérature moderne et contemporaine chinoise, c’est de se cacher derrière les personnages et de dire à des moments cruciaux, sa profonde révélation à elle-même: l’amour absolu, impossible, le moi qu’on étouffe dans une société fermée, à une époque bouleversante où l’on ne peut même pas s’assurer son propre demain. tout ça, on ne peut reproduire avec un langage “classique” comme dans ce film, la solution, c’est sans doute de faire comme dans Paranoid Park, parler avec la puissance des images, de Christopher Doyle, son caméra a déjà réussi à nous baigner dans les parfums de WKW.

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