Archive for the 'a voir absolument' Category

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Lettres d’Iwo Jima

Posted in a voir absolument on March 24th, 2007 by admin

J’ai enfin pu voir la deuxieme partie de ce diptyque de Clint Eastwood. Apres avoir donne le point de vue américain de la bataille d’Iwo Jima avec “memoire de nos peres”, voila le regard japonais avec ce film magnifique. En montrant les deux cotés de cette guerre,le realisateurs fait un geste politique admirable, tres humaniste. Mais c’est aussi un geste cinematographique en donnant une forme differente, renvoyant pour le film americain a l’age d’or d’un cinema hollywoodien qu’il deconstruit, et cette fois au cinema japonais d’Ozu et Kurozawa. C’est un ainsi a la fois un travail de memoire historique et cinephilique.
Cette fois le film est plus simple a suivre, moins d’aller-retour qui pouvaient perdre quelques esprits limites dans le film precedent. On retrouve le meme questionnement sur ce qu’est un veritable heros et du rapport entre celle definie par l’Etat qui prend ici la forme du suicide (avec une grande scene inquietante ou chacun se frappe une grenade contre le crane) et celle d’individus qui refusent la hierarchie et ont le courage de fuire. Il donne une image de cette ile tres inquietante avec ses nuages de cendres et ses arbres brules ou vie et mort se confondent (l’un des personnagese fait passer ainsi pour mort pour survivre).

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Inland Empire

Posted in a voir absolument on February 11th, 2007 by admin

Evoquer les films de Lynch est une tache difficile tellement ils restent hermetiques a toute forme d’analyse rationnelle, pas d’histoire, ni de message sur lequel s’appuyer. Les mauvaises langues diraient qu’il s’agit d’un pur exercice de style ennuyeux. Mais si la raison ne permet pas de saisir son film tout comme ces precedents, et qu’il faut s’abandonner, accepter de ne rien saisir, pour juste ressentir.
On retrouve en effet dans “inland empire” ce meme sentiment d’egarement que dans “mullholand drive” ou “lost highway”. Alors que le debut donne l’illusion d’une trame avec une femme qui obtient le premier role dans un film qui se trouve etre le remake d’un film maudit qui n’aurait jamais vu la fin a cause de la mort de ses deux interpretes. Peu a peu tournage et vie de l’actrice se confonde, ou alors est-ce elle qui reve? j’avoue ne rien comprendre, pourtant cela n’empeche pas d’avoir peur. Les scenes semblent se repondre (au telephone) sans se suivre, ou l’inverse. On pourrait pour evoquer ce film dire que c’est le voyage terrifiant de l’heroine dans une sorte d’alice au pays de Lynch (on retrouve des references a ses films precedents) ou elle rencontre des prostituees, des hommes a tete de lapin et des polonais, mais ce serait donner le sentiment d’une certaine linearite du film alors que celui semble au contraire former une spirale autour de plusieurs dimensions qui nous hypnotise. Bref un tel film ne se raconte pas mais se vit.
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Coeur

Posted in a voir absolument on December 3rd, 2006 by admin

Le dernier film de Resnais s’appelle “coeur”, mais il aurait pu tout autant s’appeler “neige” tant celle-ci est omnipresente dans ce film. Elle impose une forme de spleen hivernal, elle remplace ici les fondus enchaines habituellement noirs, et teinte le film d’une douce melancolie. C’est aussi la neige qui apparait dans les ecrans de tele quand il n’y a plus d’image. Ce sentiment de vide, d’absence domine a la fin du film qui n’est guere plus optimiste que celui de Scorcese. Pas de mort certes, mais aucune relation ne se noue (desole je raconte la fin). Alors que ce film tire du piece de theatre semble annonce une sorte de film chorale ou chacun des personnages seraient liees sans le savoir et finissent en general par se retrouver, c’est le contraire qui se joue, chacun se retrouve seul ou presque.
Si le film peut paraitre tres theatral, et pas seulement par le fait qu’il s’agit de l’adaptation d’une piece, mais par cette maniere d’utiliser des decors a la fois limites et tres ireels, une facon de surjouer, ou encore ses disposifs comme cette neige qui lie chaque scene ou cette facon de filmer de haut comme s’il s’agissait d’un jeu de societe. Mais cela prend sens car pour le realisateur la societe semble etre un jeu ou chaque relation est un artifice, chacun faisant semblant, se cachant derriere des banalites comme “les telephones portable sont une plaies”, ou “il n’y a rien a la tele” evitant ainsi de communiquer.
Ce film est a la fois triste et ironique, ce qui en fait toute sa beaute.
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Dans Paris

Posted in a voir absolument on October 14th, 2006 by admin

Le film commence pourtant mal, Louis Garrel face camera interpelle le public de maniere desinvolte, expliquant dans ce qu’il appelle une “introduction”, comme s’il s’agissait d’une dissertation , qu’il est le narrateur pour ensuite laisser de cote ce gadget filmique inutile et montrer le vrai sujet du film qui est son frere joue par Romain Duris (qui se bonifie avec l’age). le film se decoupe en 2 parties inegales ( a eviter dans une dissertation ou l’ideal de symetrie doit dominer), a l’image du livre “franny and zoe” (aussi une histoire de relation fraternelle en 2 chapitres) qui apparait vers la fin.
La premiere partie nous montre une relation passionnelle alternant joie et desespoir dans un montage denue de raccord, ou scene interieure et exterieure se suivent sans lien, ou au contraire des raccords qui n’ont pas lieu d’etre rendant impossible la possibilie d’etablir une chronologie, comme si le temps et l’espace etait banni dans cette histoire d’amour qui est si enflammee qu’elle finit par s’eteindre.
La deuxieme partie est la depression de Duris qui du fait de cette rupture retourne chez son pere joue par Guy Marchand (tres bien dans ce role de vieux pere depasse par cette histoire).Comme il refuse de quitter son lit, son frere lui propose un marche assez etrange: s’il arrive en moins d’une demi heure dans un lieu de paris que j’ignore, il sort de sa chambre. De cette deambulation dans paris qui dure finalement plus d’une demi heure, preferant butiner de jolies filles, le realisateur ne montre pas veritablement des lieux, mais des films de la nouvelle vague. Garrel ne passe pas de la Tour Eiffel a Notre-Dame, mais de Godard a Truffaud via Demy. Il le fait non pas de facon referencieuse qui donnerait le sentiment de traverser un musee, mais avec beaucoup de joie dilettante qui contraste avec la melancolie de son frere. On retrouve ainsi ce meme melange des emotions que dans la premiere partie qui rend le film si passionnant.
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Bled number one

Posted in a voir absolument on June 12th, 2006 by admin

Il ne s’agit pas du premier volet de cette trilogie culte sur les vampires avec wesley snipes (dit oralement on peu croire qu’il s’agit de blade n°1, confusion qui permet d’entrainer du monde a ce film), mais du deuxieme film deRabah Ameur-Zaïmeche qui a realise “wesh wesh qu’est ce qui passe?”, film reussi sur la banlieue. On retrouve le meme heros, kamel, joué par le realisateur. Cette fois il est expulsé de France et retourne donc au bled où il semble étranger, cette “double absence” qui permet un regard neuf sur l’Algerie. Le debut est ainsi très contemplatif et poétique sur ces traditions festives comme par exemple le zerda qui est le sacrifice d’un taureau (scene assez dure ou on assiste en direct a l’égorgement de la bete qui annonce la violence future). Il est difficile neanmoins de parler du film, ie de son sujet, son histoire, tellement le realisateur multiplie les fausses pistes; on assiste ainsi au debut a des jeunes integristes qui veulent ramener un peu d’ordre face a des vieux débonnaires preferant le domino a la religion, mais cette opposition est ensuite laissée de cote; la communaute apparait moins sympathique avec la violence qu’elle fait subir au femme, et en particulier Louisa qui est exclue puis battue pour vouloir chanter. D’ailleurs le fait que ce soit des personnages pour lesquels on avait de la sympathie comme le frère de louisa qui s’en prend a elle a suscite dans la salle quelques réprobations, preferant surement que ce soit les méchants islamistes qui la frappent. Cela permet ainsi d’éviter l’amalgame islam/domination masculine. On s’attend alors a une histoire d’amour entre le gentil kamel et louisa, mais le realisateur s’efface peu a peu devant louisa qui devient, ainsi, le personnage principal qui se libere de la pression communautaire en finissant dans un asile où elle peut peut enfin chanter du jazz. Cette idée de femme qui s’impose se retrouve d’ailleurs lors de ce concert auquel participe louisa, où un homme et une femme chante, mais n’ayant qu’un micro, chacun se le dispute; au debut l’homme a le dessus et chante plus souvent mais peu a peu la femme arrive a imposer sa voix.
on a ainsi un film magnifique, ode a la femme algerienne et a l’algerie dans tout ce qu’elle a de contradictoire.

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3 films sinon rien:

Posted in a voir absolument, y en a des biens on June 5th, 2006 by admin

il ne s’agit pas de critiquer la palme cannoise car je ne l’ai pas vu, meme si je ne suis pas convaincu par ce choix car les films de ken loach ne m’ont jamais passionné outre mesure, mais de revenir sur ceux que j’ai pu voir, i.e caiman, volver et marie antoinette qui semble pour cette derniere avoir subit le meme sort que son personnage…

“caiman” fait partie ce ces films qui me laissent dubitatif a la sortie, n’arrivant pas a savoir si je l’ai vraiment aimé; puis avec le temps et la reflexion, je le defends avec enthousiasme. en effet ce film est tres dense en brassant de nombreux sujets - la famille, le cinema et la politique - rien que ca! le heros, un ancien producteur de serie Z ou B (je n’ai jamais trop su la difference entre les 2), tente de sauver son couple en plein naufrage et de fuir ses creanciers. Le film alterne ainsi ,au debut, des scenes breves et parfois comiques, comme si le heros ne prenait pas le temps de s’occupe, ni de sa famille ni de son travail; puis une jeune realisatrice lui propose un scenario de film sur berlusconi qu’il ne prend evidemment pas le temps de bien lire, et passe ainsi a cote de la charge politique du film, et decide de le produire alors qu’il deteste les films politiques. Finalement le film devient peu a peu moins comique et plus dramatique, bien que la fin soit optimiste (tout le film semble ainsi reposer sur des paradoxes, dont la facon de traiter berlusconi est le summum) , et m’a finalement plus touche que le debut avec sa verve joyeuse.
Evidemment ce film est aussi politique, ou plutot sur la difficulte de traiter du politique au cinema, dont une scene est tres significative: moretti jouant le role d’un acteur refuse de tourner dans le caiman car il considere qu’un film sur berlusconi est inutile car on sait deja tout sur lui, qu’un film n’apporte rien. c’est finalement en lui donnant tout son aspect dangereux et noir, plutot que son cote guignolesque, tel que l’imagine au debut le heros producteur, que le cineaste arrive a denoncer l’homme politique.
le deuxieme film, “marie antoinette”, meme s’il traite aussi d’une personne qui a marque l’histoire semble au antipode de caiman. alors qu’il existe un trop-plein dans ce dernier, marie antoinnette est caracterisee par un certain vide qui peut expliquer son acceuil reserve. Pourtant ce film est tres riche a sa facon; pas par les decors et les montagnes de macarons, mais par sa facon de traiter d’un theme personnel le passage a l’age adulte d’une jeune fille, de l’acculturation mais aussi d’une certaine facon de la politique en soulignant le desinteret des soucis du peuple par une aristocratie fermee sur elle meme qui rappelle une certaine bourgeoisie jet setteuse. la musique loin d’un gadget pour faire moderne traduit ainsi ce rapport entre 2 cultures: le rock des annees 80 pour la jeune autrichienne et la musique classique pour la cour de versaille. pour arriver finalement a se melanger.
enfin, “volver”. j’y suis alle avec un peu de reticence car j’avoue ne pas avoir adore son precedent, mais beaucoup les autres. celui-ci est tout comme la mauvaise education tres dense au niveau de l’histoire avec de nombreuses histoires qui se chevauchent. mais cette densite n’est pas pesante mais au contraire d’une grande fluidite et legerete. on y voit des fantomes qui petent, dit comme ca, cela peut ressembler a sketch de bigard, mais almodovar le fait avec une certaine grace, moins noirs que ces films depuis en gros la fleur de mon secret, pour retrouver le ton joyeux de ces premiers films sans leur cote hysterique.

voila donc trois film a voir absolument